“As you are falling, your sense of orientation may start to play additional tricks on you. The horizon quivers in a maze of collapsing lines and you may lose any sense of above and below, of before and after, of yourself and your boundaries”

—Hito Steyerl, In Free Fall: A Thought Experiment on Vertical Perspective

A Knife

Amalie Atkins
Maggie Groat
Soda_Jerk
Curated by Tarin Dehod
Presented in partnership with AKA

A knife

[Un couteau]

Amalie Atkins

Maggie Groat

Soda_Jerk

Commissaire d’exposition : Tarin Dehod

Présenté en partenariat avec AKA



Quand on m’a invitée à participer à ce projet, je m’étais investie dans un exercice stratégique dans lequel j’ajustais les photographies, les conversations et mes tenues pour passer à travers ma grossesse sans être remarquée. En partie, due à la peur de pertes passées et aussi pour préserver une identité professionnelle. J’avais commencé à penser à la beauté, à sa valeur en conjonction avec la fertilité et à son incarnation commune sociale ; femme, jeunesse et procréation. Pour plusieurs d’entre nous, ce mot et toutes ses implications, peuvent prendre le contrôle, peu importe où notre parcours nous mène, ce mot peut changer nos vies. 



Je me suis lancée dans la lecture de livres et de textes écrits par des travailleurs sociaux et des artistes, qui avaient considéré la condition d’être parents, donc la majorité était des femmes. « Mother, Writer, Monster, Maid » de Rufi Thorpe et « A Portrait of the Artist as a Young Mom », de Kim Brooks, offrent un discours pour définir les inquiétudes des gens de l’industrie culturelle et de la création. J’ai recherché des projets d’artistes à propos de l’isolation, sur l’absence de fondement et les espaces communs que nous partageons. Quelque part, au milieu de ma recherche ou de mon obsession, j’ai lu « Motherhood », de Sheila Heti, un tirage au sort ; essayé d’avoir un enfant ou non. Oui ou non. Dans un des passages, un couteau se manifeste, un rappel de la lutte biblique entre Jacob et l’ange, il est repositionné autour de la chambre du protagoniste. Cette action performative m’a semblé précaire, étrange et hilarante - un objet domestique utile, déclenchant le visuel d’un combat de foi, sauvage et physique. À l’instant, je ne savais pas que la question de fertilité pouvait créer autant de fractures en soi ; je me demandais si j’avais besoin d’un couteau. 



Plus que jamais je devais trouver des écrits au sujet de fertilités, pour comprendre sa signification plus profondément, car nous somme tous gardiens, nous produisons, nous sommes hantés et dérobés par le temps. 

The Time That Remains (2012), de Soda_Jerk, nous présente Joan Crawford et Bette Davis, chacune piégée en écrans positionnés côte à côte et torturées par des symboles du temps, visuels et sonores. Cette œuvre fait partie de la série Dark Matter, des mêmes artistes, dans laquelle les personnages sont terrorisés par leurs propres fantômes. La série explore le temps à travers des médias cinématographiques et de l’étude des spectres de Derrida. Crawford et Davis étaient incontestablement dressées l’une contre l’autre par leur industrie. Elles étaient en querelles au sujet d’hommes, de rôles et de reconnaissance professionnelle. Dans la vie et dans The Time That Remains, ces femmes talentueuses, obsédées par leurs beautés et jeunesses, ont été tragiquement entrainées en une guerre entre elles et enfin avec elles-mêmes. J’ai vu cette œuvre dans l’exposition de Peta Rake, Séance Fiction, elle a depuis servi comme articulation essentielle pour l’invisibilité de la femme et l’angoisse de la non-pertinence. 



La pratique de Maggie Groat se fait ressentir par son dynamisme sans excuse et fertile. Je suis retourné à ses travaux et ses écrits artistiques plusieurs fois depuis notre rencontre. En 2014, Groat m’a parlé de la façon par laquelle la beauté et la fonctionnalité guident sa production. J’aurais aimé avoir retenu ces mots exacts, leur impact continu à guider ma vie comme une boussole, un guide par lequel on peut être plus sélectif, intentionnel et véritable. fertilities>twins>swings>sings (2019), font partie d’une collection de propositions pour des textiles et des objets de provenance domestique, l’espace riche du gardien.  fertilities> et les autres œuvres de la série, s’expriment au moyen d’imprimeries collectées, puis, choisies et employées par Groat, de manière à effacer leur contexte original et de les imprégner par son geste et par l’émotion et l’énergie de son espace. L’ensemble de cette œuvre est fondé dans le déroulement naturel du temps, dans les cycles de la lune et des étoiles, dans les motifs certains et apaisants de la journée et dans la biologie de la vie. 



Listening to the Past/Listening to the Future (2014), par Amalie Atkins est mis en scène dans un paysage de prairie, bleu froid et spartiate. L’œuvre de Atkins réalise une tension entre le fantastique et le réel, un genre de charme fabuleux orné de noirceur. Dans Listening, deux femmes patinent et tournoient en grandes jupes à crinoline. Leurs tenues victoriennes identiques est semblables à leurs équipements pour l’écoute et la narration qui nous rappelle le Victrolas.  Les symboles de cette œuvre sont solidifiés par une sélection sonore adroite. Un piano se lamentant, le vent, le souffle, un roulement liquide comme une bille sur du bois ou de la glace cassante s’entremêle aux voix de femmes. Les femmes sont présentées individuellement, elles sont presque identiques et pourraient toutes être la même ; une femme seule s’écoutant en perpétuité. Quand elles s’unissent en un espace, leurs mouvements se synchronisent, la deuxième séquence est vidée de corps, mais comblée par le mouvement répétitif et traversant d’oiseau en vol … une rivière glaciale. L’expérience de Listening se compare à l’héritage, aux voies ancestrales, aux liens sanguins. 

—Tarin Dehod





Amalie Atkins réside et travaille à Saskatoon. Artiste multidisciplinaire reconnue pour ses films et ces installations vidéo, elle crée des fables cinématographiques en entremêlant le film, la performance, les textiles, l’installation et la photographie. Atkins a exposé nationalement, entre autres au Musée des beaux-arts du Canada, au Central Art Garage, à la Gallery 44, à la Galerie d’art d’Ottawa, à Eastern Edge, à Struts Gallery, à La Centrale, à FADO et à la Biennal nationale de sculpture contemporaine. Ses œuvres ont été exposées à l’international à Moving Image, NY; à 12 :14 Contemporary, Vienne; à USC Art Gallery Queensland; à la The Academy Gallery, Tasmanie; à la Gerald Moore Gallery, Royaume-Uni; et à Kunsthaus Tacheles, Berlin. Ses pièces ont été incluses dans plusieurs expositions bilans de grandes échelles, entre autre, Oh Canada au MASS MoCA; Dreamland : à Textiles in the Canadian Landscape au Textile Museum of Canada, Toronto; et dans le Road show East, qui a circulé en Europe de l’Est. Atkins est bénéficiaire du prix Locale Art de l’Ouest du Canada (2011) et elle a figurée sur la première liste de sélection du Prix Sobey pour les arts en (2012- 2013). Ses photographies sont parues sur le couvert de Canadian Art Magazine, Visual Arts News, Grain Magazine, CV2, et sur MUZE magazine (Paris). Son exposition solo we live on the edge of disaster and imagine we are in a musical, a circulée à la MacKenzie Art Gallery, Regina; à la Southern Alberta Art Gallery, Lethbridge; et à la College Art Galleries, Saskatoon. L’exposition Where the hour floats, a été sélectionnée par Capture Photo Fest à la Evergreen Art Gallery, Coquitlam (2019). Le Remai Modern a fait la première de son plus grand projet de film 16 mm à date, ce projet a été sujet d’un texte par Amy Fung dans ARTFORUM. Son œuvre est couramment présentée dans l’exposition Fairy Tales à la Owens Art Gallery de Sackville et dans A New Light: Canadian Women Artists à l’ambassade canadienne de Washington, DC.



Maggie Groat est une artiste visuelle qui emploie une gamme de médias, entre autres les œuvres sur papier, la sculpture, les textiles, l’intervention in situ et la publication pour interroger les méthodologies du collage. Sa recherche aborde la réceptivité à l’endroit, par égard aux changements territoriaux, les façons d’être alternatives et décolonisées et la transformation de matériaux récupérés en objets utilitaires pour l’hypothèse, la vision et l’action. Les approches et perspectives démontrées par sa pratique sont éclairées par son héritage Haudenosaunee et colon, par ses rôles comme mère et gardienne de l’environnement. Ses œuvres ont été exposées dans plusieurs grandes institutions à travers du Canada, y compris à The Western Front (Vancouver, BC), à la Walter Phillips Gallery (Banff, AB.), à la Art Gallery of York University, et au Art Museum University of Toronto (Toronto, ON), à SBC (Montréal, QC), et elle a aussi figurée deux fois sur la première liste de sélectiondu Prix Sobey (2015-2018). Elle est l’éditrice de The Lake (2014), publié par Art Metropole (Toronto, ON) et de ALMANAC (2017), publié par la Kitchener Waterloo Art Gallery (Kitchener, ON). Elle est présentement conférencière dans le département d’arts visuels à l’Université de Toronto et vie avec son partenaire et trois jeunes enfants entre deux lacs, le territoire traditionnel des Haudenosaunee, Chonnonton et Anishnaabeg.



Soda_Jerk est un collectif, consistant de deux artistes, dont le travail est composé de compilation de matériaux échantillonnés et de cinéma piraté, pour la production de films documentaires expérimentaux. Pour faire suite à leur fable vengeance-politique acclamée, TERROR NULLIUS (2018), Soda_Jerk sont en production de leur nouveau long métrage, Hello Darkness. Le collectif s’est formé en 2002, ils sont basés à la ville de New York depuis 2012. Ils ont exposé dans des galeries, cinémas et institutions notamment au Barbican Centre, Londres; à la National Gallery of Art, Washington DC; au Hartware Medien KunstVerein, Dortmund; au Wexner Centre for the Arts, Columbus; et au Anthology Film Archives, New York. 

Groupe de lecture : Le 13 mars, à 18 :30

Le groupe de lecture aura lieu à la Gallery 44, à Toronto. Le jeudi 12 mars. Alane Traficante et Heather Riggs mèneront la session. Le groupe consultera les textes offerts par Tarin Dehod, qui révèleront les thèmes liés à A knife [Un couteau]. Pour participer, S.v.p. envoyez un courriel à heather@gallery44.org .